30 juin 2016

Rencontre avec Noémie Cédille

artistes

Bonjour Noémie, peux-tu nous parler de ta relation avec les arts quand tu étais enfant? Etais-tu déjà une « touche-à-tout » ? 😉

Je ne viens pas du tout d’une famille d’artiste mais aussi loin que je m’en souvienne j’ai toujours beaucoup dessiné et bricolé. J’adorais ça. Ma première lubie fut celle de devenir architecte et décoratrice d’intérieure alors à 7 ou 8 ans je dessinais des plans de maisons que je voulais à l’échelle sur des feuilles à carreaux et je découpais les catalogues Ikea de ma mère pour meubler toutes ces maisons. J’avais un attrait particulier aussi pour les parcs aquatiques dont j’ai dessiné également toute une série de plans. Je crois que ma mère a toujours encouragé mon côté créatif en nous proposant beaucoup de bricolages à mon frère et moi.

 

Quels sont les artistes ou auteurs qui t’ont inspiré quand tu étais enfant ?

Je n’ai pas été marquée par un artiste ou un auteur en particulier mais par certains livres que j’ai pu avoir. Parmi mes préférés il y avait l’histoire du petit ours blanc Plume, un très beau livre sur le magicien d’Oz avec des illustrations splendides et des lunettes en papier à porter pour certains passages et une collection de livres jeux aux illustrations foisonnantes et variées. Impossible de citer les auteurs par contre…

Où travailles tu ? Peux-tu décrire ton espace de travail et ce qu’il y a autour de toi ?

Je travaille entre mon atelier et chez moi, en fonction de mes projets. Aujourd’hui je suis chez moi alors je suis entourée de tous mes précieux objets. En face de moi une petite étagère vintage avec mes vases en céramique, des bibelots de chez Grand-mère, un cheval en bois ramené de Suède et un vieux polaroïde multicolore chiné.

À ma droite mon moodboard DIY en grillage avec tout un tas d’images, d’inspirations, de notes et de photos des copains.

À ma gauche le balcon et ses jolies plantes.

Raconte nous une journée typique au travail ?

Je n’ai pas de journée de type de travail, mes journées sont généralement assez diverses entre rendez-vous, reportages pour Mint magazine et projets entre illustrations et design graphique, mais d’une manière générale : je commence ma journée vers 10h, je fais un tour de mes mails et je me fais ma to do list de la journée pour m’en sortir au milieu de mes différents projets. Ensuite je réparti mon temps de travail sur la journée et c’est parti. Il m’arrive de travailler jusqu’à très tard le soir lorsque je n’ai rien de prévu en soirée.

Tu vis à Paris, est-ce un choix et qu’est-ce qui rend la ville si spéciale à tes yeux ?

J’ai toujours voulu vivre à Paris. J’ai toujours été attirée par l’esprit grande ville, aussi quand j’ai terminé mes études à la Cambre à Bruxelles, il me semblait assez logique de venir m’installer à Paris. À l’époque plusieurs éléments m’y poussaient : les amis, le travail et de possibles opportunités. J’aime vraiment cette ville et j’aime par dessus tout le Paris loin des sentiers battus. Je suis une grande marcheuse et j’aime me perdre dans des rues que je ne connais pas à la recherche de jardins secrets et de ruelles mignonnes. Il y a tant de coins fantastiques, peu connus et plein de poésie à Paris.

 

Cette ville joue t’elle un rôle dans ton travail ?

Je sais que Paris m’offre clairement plus de possibilité dans mon travail que si j’étais restée vivre en province (à Strasbourg, ma ville de cœur). J’aime le dynamisme de Paris, c’est une ville en perpétuelle ébullition et le cœur de toutes les tendances et les nouveautés. Je la trouve très stimulante ‘créativement’. J’ai fait mille choses incroyables dans cette ville que je n’aurais jamais pu faire ailleurs, ce sont des expériences personnelles mais elles nourrissent mon travail. J’y ai également fait de très belles rencontres.

 

Quand tu as du temps libre, quel est ton passe temps favori ?

Faire et voir. Aller au cinéma, marcher dans les rues de Paris, dénicher des petits groupes de musique inconnus, aller voir ces petits groupes de musique inconnus en concert, marcher encore, parcourir les expositions, et travailler sur des projets personnels en fait ( et surtout ).

 

Quelles sont les techniques et outils que tu utilises lorsque tu créé tes illustrations ?

Je travaille un peu sous forme de collage numérique. Je commence toujours par une phase de croquis à la main et une phase de recherches de matières à la main également. Il peut s’agir de peinture, de crayon, d’encre, etc… J’ai un côté très plastique et j’ai besoin de ce rapport à la matière et à la texture. Ensuite je scane le tout puis je découpe, je colle et je redessine numériquement.

 

Parle nous de ton processus créatif, par quoi commences-tu ? Comment évoluent tes images ?

Mes images se construisent au fur et à mesure. Elles partent d’une première intention mais évoluent généralement une fois sur écran. Parfois je repasse par une phase de dessin par la suite.

 

Quels sont les autres artistes qui t’inspirent ?

J’ai des inspirations assez diverses et de tout styles / époques. Mes premiers amours sont avant tout des graphistes de part mes études et ma formation : Paul Cox, Helmo, Antoine et Manuel, Hvass & Hannibal. J’aime beaucoup les illustrations expressives et « graphiques » de Blex Bolex et Fredun Shapur et puis le travail d’Icinori, Studio Fludd, Linda Linko, parmi tant d’autres.

 

Où vas-tu, que fais-tu lorsque tu as besoin de trouver des sources d’inspiration ?

Je vais me balader, voir des expositions, des films, écouter de la musique, acheter de beaux livres.

 

À part l’illustration et le graphisme, t’intéresses-tu à une autre forme d’expression artistique? 

Je suis une touche à tout et je fais des choses très diverses. En plus de l’illustration et du graphisme, je fais un peu de photographie même si je ne me prétends en rien photographe. J’ai également fait un peu de céramique et j’adore vraiment cette technique. J’aimerais pouvoir en faire plus. Je bricole aussi pas mal de choses pour chez moi, des petits meubles, des lampes, etc… Et puis un peu de design de motif. Si je m’écoutais j’aimerais pouvoir tout faire.

Quel projet t’anime en ce moment ?

En ce moment je sors d’une grosse période de travail où j’avais beaucoup de commandes en même temps. J’ai l’objectif de me concentrer sur de la création plus personnelle.

Il y a peu de temps on m’a proposé un projet de collaborations d’affiches ainsi qu’une exposition au printemps prochain dans une galerie consacrée à l’illustration et à la céramique à Saint-Etienne. Ce sont deux projets vraiment carte blanche et ils sont donc très stimulants. J’ai hâte de m’y mettre.

 

Pour toi, l’art est-il un cadeau qui a un impact positif sur ta vie ?

Je ne sais rien faire d’autre que créer des choses je crois. C’est clairement mon moteur et ma plus grande satisfaction dans ma vie.

 

Quel est le plus gros challenge que tu aies rencontré ?

Créer un magazine avec mon amie Déborah, le Magazine Mint. Cela sous-tend beaucoup de problématiques auxquelles je n’avais jamais été confrontée avant : décider pour d’autres, gérer une équipe, faire des choix qui parfois blesserons, accepter que cela ne marche pas toujours comme on le veut, accepter les échecs, accepter les critiques, accepter qu’on ne peut pas tout faire. Humainement c’est une aventure parfois difficile parce que les gens extérieurs au projet ne se rendent pas forcément compte du fonctionnement complexe que nous avons en interne. Au delà de ça c’est une aventure géniale qui m’a permise de beaucoup progresser, d’apprendre et de gagner en maturité, de rencontrer tout un tas de personnes absolument géniales, de m’ouvrir et de découvrir des univers que je ne connaissais pas.

 

Travailles-tu avec d’autres artistes ? Qu’est-ce que cela t’apporte t’il ?

J’ai travaillé ponctuellement avec mon amie Lucille Michieli. C’est une personne dont j’admire réellement la justesse, l’exigence et la créativité. J’ai l’impression qu’on se nourrit mutuellement lorsqu’on travaille ensemble et c’est très plaisant comme sensation. J’ai également beaucoup travaillé avec les amis de mon collectif à Strasbourg, collectif que nous avons créé après nos études. Nous étions jeunes mais c’était la même sensation de se pousser mutuellement vers le haut et d’apprendre les uns des autres. Entre nous il y avait une sorte de compétition extrêmement positive et bienveillante. C’était une succession de challenges. J’ai beaucoup appris d’eux et de nos projets collectifs. Ce fut des expériences incroyables.

Dans le catalogue des Petits Collectionneurs, quelle est ton oeuvre préférée?

Mon tableau préféré est  » Collection à la Plume  » de Camille Chevrillon pour la délicatesse et la graphie de son trait, et pour ses couleurs douces. Toutes ces petites illustrations confrontées entre elles m’évoquent mille histoires. Je trouve ce tableau très poétique et inspirant.

Crédit photos : Merci à Cécile Jaillard, designer graphique, illustratrice et photographe indépendante pour ce reportage diffusé sur Plein Milieu, le site immersif qui vous emmène au coeur de l’action. En savoir plus.

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