mars 2017

Rencontre avec Zoé Lab

Artiste

Bonjour Zoé, aujourd’hui designer graphique indépendante spécialisée en illustration et en print, peux-tu nous parler de ton premier contact avec l’art quand tu étais enfant ?

Les heures entières à bricoler aux côtés de ma mère n’y sont pas pour rien. Je l’ai toujours vu peindre, sculpter ou dessiner avec mille idées à la minute. Elle m’a montré à quel point le quotidien pouvait se révéler (ré)créatif et inspirant, je lui dois beaucoup.

Quels sont les artistes ou auteurs qui t’ont inspiré quand tu étais enfant ? 

J’aimais que l’on me raconte l’histoire « Ernest et Célestine ont perdu Siméon » de Gabrielle Vincent. Ses images sont remplies de poésie. Je considère par ailleurs l’artiste ou le designer comme un conteur d’histoire capable de créer la surprise.

Enfant, as-tu été marquée par une affiche ou un tableau ? qui ai joué un rôle important plus tard?

Une peinture de ma mère qui se trouvait dans notre cuisine. J’avais l’impression de tout savoir des deux personnages représentés à force de passer du temps avec eux.

Petite, que voulais-tu devenir ?

Je voulais travailler dans un cirque !

Diplômée d’un DSAA Design mention graphisme tu élabores depuis 2015 des projets d’affiche, d’édition, d’identité visuelle. Tu vis et travaille à Paris, est-ce un choix ?

J’ai grandi avec une image assez fantasmée de Paris. Elle est spéciale notamment parce que c’est ici que mes parents se sont rencontrés.

Je m’y sens comme une adolescente, curieuse de tout avec une envie insatiable d’explorer. Je savais que j’allais y trouver l’émulation créative que j’espérais.

Tu travailles chez toi, peux-tu nous décrire ton espace de travail et une journée type ?

Je travaille sur un bureau plutôt encombré car il me faut toujours tout à porter de main. Carnets, pin- ceaux, papiers, fanzine, tasse, une photographie d’Allen Ginsberg, une peinture abstraite, des images glanées ici et là au milieu de multiples post-it gribouillés.

Le matin je conceptualise par écrit ou dessin mes projets futurs et je réponds aux mails. Puis j’ai souvent les yeux rivés sur mon ordinateur jusqu’au soir, m’attelant à la commande la plus urgente.

Quels sont les techniques et outils que tu utilises lorsque tu créés tes illustrations ?

Je dessine directement à l’encre de chine et parfois j’utilise Photoshop pour les retouches. Certaines sont réalisées en gravure, d’autres encore sont imprimées en sérigraphie.

Oui, en effet ton approche artistique se qualifie par une réelle sensibilité à la plasticité et la matérialité de ces supports imprimés. Et dorénavant, tu peux rajouter la lithographie comme champ d’expérimentation avec Petit Roi et Petite Reine !

 

Parle nous de ton processus créatif, par quoi commences-tu ? Comment évoluent tes images ?

Mon approche est relativement instinctive. Je travaille par collage et associations d’idées. Au départ il a beaucoup d’éléments superflus, alors j’épure peu à peu jusqu’à ce que les formes s’imbriquent de la façon la plus simple.

À part l’illustration et le graphisme, t’intéresses-tu à une autre forme d’expression artistique? 

Quand j’assimile trop d’images au quotidien je ne suis plus capable d’en produire, alors je me tourne vers d’autres pratiques. Finalement les frontières entre les différentes disciplines créatives sont poreuses, et si les moyens d’expression varient, le regard est le même.

 

Quels sont les autres artistes qui t’inspirent ?

De grands peintres comme Matisse, Picasso, des designers et photographes contemporains comme Damien Tran, Fanette Mellier, Vivian Sassen, Jacquemus. Sans oublier la musique, car c’est indispensable pour se laisser aller.

Où vas-tu, que fais-tu lorsque tu as besoin de trouver des sources d’inspiration ?

Je me rends à des expos, des concerts, au cinéma et je consulte aussi Pinterest et Instagram avec modération.

Quel projet t’anime en ce moment ? 

Le deuxième numéro de mon fanzine Comic Soon qui met en relation un cocktail d’illustrateurs et de graphistes qui gagnent à être connus par leur approche impertinente de l’image. Je souhaiterais fonder un jour un collectif.

 

 

Travailles-tu avec d’autres artistes ? Qu’est-ce que cela t’apporte-t’il ?

Oui, les collaborations sont un bon moyen d’élargir son champ de vision, ses compétences et d’appréhender des projets de grande envergure. Selon moi l’art et le design reposent sur notre capacité à traduire une émotion, une perception, leur essence même est donc le partage.

Pour toi, l’art est-il un cadeau qui a un impact positif sur ta vie ?

Pas exactement, car c’est aussi la chose qui peut me rendre la plus triste. Mais je ne vois pas non plus comment je pourrais m’en passer car j’ai un besoin véritable de m’exprimer.

Quel est le plus gros challenge que tu aies rencontré ?

Me lancer en freelance dès la fin de mes études.

Quel est ton tableau d’enfant préféré sur le catalogue Les Petits Collectionneurs ?

Le Mood palace de Steffie Brocoli parce qu’il est doux comme un bonbon géant. Mais aussi Les cabanes de Noémie Cédille qui laissent réellement placent à l’imaginaire.

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