septembre 2016

Rencontre avec Agathe Singer

Artiste

Bonjour Agathe, peux-tu nous parler de ton enfance ? Avais-tu déjà un attrait pour le dessin ?

J’ai passé mon enfance au Havre puis en Bretagne (Golfe du Morbihan) au bord de la mer, dans une grande maison avec un beau parc, beaucoup de nature. J’ai toujours aimé dessiner les plantes, les oiseaux, faire des herbiers… c’est resté principalement le sujet de mes dessins.

Ta famille est-elle « dans les arts » ?

En quelque sorte ! J’ai passé mon enfance dans la boutique de vêtements vintage de mes parents, qui chinaient et créaient leurs propres collections. Mais ma mère a toujours aimé dessiner, toute petite j’étais fascinée par sa boîte de crayons aquarelle… Elle a ensuite créé une marque de jouets pour enfants, avec de magnifiques lanternes magiques qu’elle illustrait elle-même.

Quels sont les artistes ou auteurs qui t’ont inspiré quand tu étais enfant ?

Mon idole d’enfance était Le Douanier Rousseau. La magie de ses jungles colorées et mystérieuses me fascinait. J’adorai chercher dans ses peintures les détails, les animaux cachés… c’est un goût que j’ai gardé dans mon travail : peindre une multitude d’éléments, développer un univers de nature imaginaire…

Peux-tu nous parler de ton parcours, comment es-tu devenue illustratrice ?

Je suis venue à Paris à 17 ans pour mes études, d’abord trois années à l’École Supérieure des Arts Appliqués Duperré, qui m’ont donné le goût du dessin, de la peinture, de l’expérimentation graphique et de la liberté en illustration. Puis deux années à Penninghen qui ont consolidées l’aspect graphique et direction artistique de ma formation. Je suis sortie avec un diplôme de graphiste et de directrice artistique qui m’a permis de travailler d’abord dans une agence de publicité luxe puis dans un bureau de création en tant que graphiste.

C’est là que j’ai commencé à revenir à l’illustration, que je n’avais jamais osé envisager comme un métier à part entière. J’ai eu la chance de rencontrer les parfumeries Fragonard, et d’être invitée à travailler sur de très beaux projets d’objets pour la maison et de gamme de parfums. J’ai pu prendre mon indépendance, et réaliser ce job de mes rêves. Une autre rencontre a été très importante pour moi : le designer de mode Arthur Arbesser avec qui j’ai collaboré sur deux collection pour son label éponyme (il est également directeur artistique de la marque Iceberg à Milan). Nous avons travaillé un premier thème printanier très floral, très romantique, avec des oiseaux, des roses, des chats ; puis des feuillages pour l’automne. Ça a été une merveilleuse collaboration ponctuée de moments très forts pour moi lorsque j’ai vu la collection défiler à Milan, puis les articles dans Vogue et la presse mode italienne.

Quelles sont les techniques et outils que tu utilises lorsque tu créés tes illustrations ?

Je travaille principalement à l’aquarelle et la gouache. J’ai moins de goût pour le dessin numérique. J’aime être entourée de couleurs, de tubes, de pinceaux, j’aime l’odeur de la peinture, sa texture, les accidents heureux qui se produisent en peignant.

Quel serait ton projet idéal ?

J’aimerais travailler sur de nouveaux projets de mode ou de décoration pour la maison (textiles, papiers-peints). Mais mon projet idéal est aussi celui qui se fait avec des amis, ou en famille : je travaille par exemple en ce moment avec toute une équipe passionnante, dont mon père et ma soeur, sur un projet illustré de parcours de méditation pour les enfants. Enfin mon rêve pour la retraite serait de vivre en pleine nature et de dessiner des livres naturalistes-naïfs 🙂

Peux-tu décrire ton espace de travail et ce qu’il y a autour de toi ?

Je travaille dans notre appartement, sur une grande table tournée vers le mur, pour la concentration ! J’ai accroché en face de moi des croquis, une très belle toile de l’artiste Flavia Lopez qui travaille sur les vibrations visuelles, des icônes peintes à la main que j’ai ramenées d’Autriche, une photo d’Alec Soth, et quelques originaux de projets qui me tiennent à coeur comme cet ananas qui fait partie d’une série réalisée pour Fragonard, ou le chat dessiné pour ma première collaboration avec Arthur Arbesser.

Quel projet t’anime en ce moment ?

Ma collaboration avec Les Petits Collectionneurs sur les saisons va me permettre de créer une série de quatre peintures à la gouache. Des palmiers et fruits colorés pour l’été, un arbre de la vie pour le printemps, un arbre avec des écureuils et des biches pour l’automne, et pour l’hiver, je réfléchis à une nuit étoilée, des flocons, des chouettes blanches etc.. Je suis ravie de participer à la très belle collection des Petits Collectionneurs, c’est pour moi une chose essentielle d’offrir aux jeunes enfants de belle choses à regarder pour rêver. J’aime l’idée d’une collection d’œuvres créée spécialement pour les petits, pour leur imaginaire et leur univers rêveur.

En parlant d’enfant, tu es maman de Paula, quatre mois, l’art joue t’il déjà un rôle à la maison ?

Ma fille Paula est une grande « regardeuse », qui passe son temps à vouloir faire le tour des choses, à bras et observe tout. Son père lui montre constamment les photos sur lesquelles il travaille, les dessins que j’ai faits, les tableaux que nous avons au mur, le poster du Douanier Rousseau dans sa chambre…

Pour toi, l’art est-il un cadeau qui a un impact positif sur ta vie ?

J’ai la chance de pouvoir travailler et vivre de ma passion, c’est une grande liberté et une grande joie pour moi. C’est aussi quelque chose de fort que je partage avec mon mari : nous sommes constamment dans nos projets, nous en discutons, y travaillons ensemble, c’est une grande richesse pour nous et je suis heureuse de pouvoir la partager aussi avec notre fille !

 

 

http://arthurarbesser.com/

http://www.vogue.com/fashion-shows/spring-2016-ready-to-wear/arthur-arbesser

https://www.fragonard.com/fr/

Autres actualités